LE TRAVAIL DANS LA TRADITION CATHOLIQUE
Rubrique : Doctrine sociale de l’Église Source : La Croix du 19/20 Nov.2011 pages 14-15. Synthèse de Michel Chrétien
Quelle est la situation de l’homme au travail dans doctrine sociale de l’Église catholique ?
Quelques idées et notions simples (et pourtant si difficiles à appliquer …)
1-LE RAPPORT A LA CREATION
– Maîtriser et humaniser la nature
– Participer à l’œuvre du Créateur
– Selon le rythme divin avec son repos.
2-LA DIGNITE DE L’HOMME
– Reconnaître chaque travailleur dans toutes ses dimensions
– Chaque travailleur a droit à la sécurité et à une juste rémunération
– Contribuer au développement de la personne et de toute la société
3-LA RELATION CAPITAL-TRAVAIL
– Primauté du Travail sur le Capital
– Associer les travailleurs à la gestion et aux fruits du travail
– L’État et les syndicats ont un rôle régulateur
4-LA SOLIDARITE
– Lutter contre le chômage et l’exclusion
– Les biens ont une destination universelle
– Partager les ressources
QUELQUES QUESTIONS …ET QUELQUES REPONSES
Quelle est la place du travail dans la tradition chrétienne ?
Le travail a toujours été valorisé ..mais pas absolutisé .. Quelques textes à méditer :
1-Saint Paul :
« Nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne ; au contraire dans le travail et dans la peine, nous avons œuvré nuit et jour pour n’être à la charge d’aucun de vous »(2Th3,8)
2-La tradition monastique :
Saint Benoît invite à la prière et au travail (ora et labora ) et à lutter contre « l’oisiveté, cette ennemie de l’âme »
3-Jean Paul II :
« L’homme doit imiter Dieu lorsqu’il travaille comme lorsqu’il se repose, étant donné que Dieu lui-même lui présente sa propre œuvre créatrice sous la forme du travail et du repos . »(Encyclique Laborem exercens,25)
Le Travail n’est-il pas une malédiction ?
La Bible dit : « à la sueur de ton visage ,tu mangeras ton pain jusqu’à ce que tu retournes au sol » Gn3,19) Adam et Ève en désobéissant à Dieu ont bouleversé l’ordre de la création rendant pénible le travail qui ,au départ ,était bienfaisant (cf.Gn2,15) ; Contrairement à la culture grecque , les Pères de l’Église n’ont jamais considéré que le travail était une œuvre servile ( réservée aux esclaves « opus servilum » mais comme une œuvre humaine « opus humanum ».) St Thomas d’Aquin parle du travail comme un bien ardu ( bonum arduum.).
Quel sens les chrétiens donnent-ils au travail ?
Saint Ambroise écrit « Chaque travailleur est la main du Christ qui continue à créer et à faire du bien »
Une prière de l’office de Laudes dit : « Dieu qui ne cesses de créer l’univers,tu as voulu associer l’homme à ton ouvrage,regarde le travail que nous avons à faire:qu’il nous permette de gagner notre vie,qu’il soit utile à ceux dont nous avons la charge et serve à l’avènement de ton Royaume »
Quel éclairage la foi chrétienne apporte-t-elle sur le monde actuel ?
Les chrétiens rappellent que personne ne saurait être exclu du travail , c’est pourquoi ils sont engagés dans la lutte contre le chômage et la précarité. « Tout travail , rappelle Jean Paul II,qu’il soit manuel ou intellectuel, est inévitablement lié à la peine ». Cette nouvelle interprétation est pour le chrétien une référence au mystère de la Croix et aussi de la résurrection du Christ.
Psaume 14
Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? Qui habitera ta sainte montagne ?
Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son coeur.
Il met un frein à sa langue, ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain.
A ses yeux, le réprouvé est méprisable mais il honore les fidèles du Seigneur. S’il a juré à ses dépens, il ne reprend pas sa parole.
Il prête son argent sans intérêt, n’accepte rien qui nuise à l’innocent. Qui fait ainsi demeure inébranlable.
Vivre la spiritualité de Sainte Thérèse
Proposé par notre curé, le Père Laurent
- Poser le moindre petit geste avec amour : Dieu ne nous appelle pas à réaliser de grandes choses qui nous feront briller aux yeux des hommes, mais à poser jusqu’aux plus petits de nos gestes par amour.
- Mettre tout son amour dans ses prières : Quand vous récitez un "Je vous salue Marie", ou un "Notre Père", ne le faites pas mécaniquement. Adressez-vous vraiment, et avec amour, à Marie ou à Dieu.
- Purifier son désir de Dieu : Nous n’avons pas à attendre de Dieu des expériences exceptionnelles, des visions, une réussite professionnelle ou familiale. Notre finalité ne doit même pas être d’éviter l’Enfer ou de gagner le Paradis. La seule chose à laquelle nous devons tendre est aimer Dieu pour lui-même. Il faut suivre un chemin de purification de notre désir, et s’abandonner à sa volonté.
- Manifester sa bonne volonté à Dieu : Même si Thérèse souligne la nullité de nos mérites et de nos efforts devant l’Amour, elle dit aussi l’importance de la bonne volonté. Elle prend l’exemple d’un escalier, aux marches trop hautes pour nos jambes, que nous ne pourrions grimper seuls. C’est en nous voyant ainsi essayer de monter que le Seigneur descendra nous prendre dans ses bras pour nous élever comme un ascenseur.
- Aimer les autres plutôt que les juger : On n’évangélise que ceux qu’on aime, selon sainte Thérèse. Rien ne sert de faire d’édifiants discours si nous ne sommes pas capables d’aimer celui qui se trouve devant nous et de désirer son salut du plus profond de notre cœur.
- Cultiver l’humilité en s’aimant avec ses propres limites : Cette humilité ne consiste pas à se mépriser, ce qui serait facile et peu constructif, mais plutôt à réussir à s’aimer avec ses propres limites, en découvrant que Dieu nous aime tels que nous sommes.
Exposé-conseils portant sur la spiritualité de Sainte Thérèse, par Mgr Jean-Claude Boulanger. Mgr Jean-Claude Boulanger est évêque de Bayeux - Lisieux depuis mars 2010.
Prière pour la nouvelle année
Proposé par le Père Hubert Côme pour la nouvelle année 2011.
Seigneur,
Tu m’offres cette nouvelle année comme un vitrail à rassembler avec ses 365 morceaux de toutes les couleurs
Qui représentent les jours de ma vie.
J’y mettrai le rouge de mon amour et de mon enthousiasme,
le mauve de mes peines et de mes deuils,
le vert de mes espoirs et le rose de mes rèves,
le bleu ou le gris de mes engagements ou de mes luttes,
le jaune et l’or de mes moissons …
Je réserverai le blanc pour les jours ordinaires …
Et le noir pour ceux où tu me sembleras absent.
Je cimenterai tout par la prière de ma foi et par ma confiance sereine en Toi.
Seigneur, je te demande simplement d’illuminer de l’intérieur ce vitrail de ma vie par la lumière de ta présence,
Et par le feu de ton esprit de vie.
Ainsi, par transparence, ceux que je rencontrerai cette année y découvriront peut-être le visage de Ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen !
Te remercier ?
d’après un texte du pasteur indien Johnson Gnanabaranam . Propsé à la méditation par notre curé le Père Laurent le 25 septembre 2010.
Dialogue entre John et Dieu
John :
Comment puis-je te remercier, Dieu, quand mon voisin souffre de la faim et de la soif ?
Comment puis-je te dire "merci Seigneur, pour ce repas" ?
Dieu
Mon enfant, je ne te donne pas à boire et à manger pour que tu sois seul rassasié et que tu vives dans la joie.
Je te fais ce cadeau pour que tu partages ton repas avec ton voisin qui crie famine.
Quand tu l’auras rassasié, il reconnaîtra ma sollicitude et il me dira merci.
John
Quand mon voisin est nu et qu’il dort dans la rue, faut-il vraiment que je dise : "Que ta bonté, ô Dieu, soit bénie" ?
Ai-je le devoir de te louer, Dieu, quand tu me donnes à moi et pas à mon voisin liberté et santé ?
Dieu
Mon enfant, je ne te donne pas vêtement et logis pour que tu connaisses le confort et que l’orgueil te monte à la tête. C’est pour que ton manteau réchauffe ton voisin qui grelotte et pour que ta maison abrite les malheureux : quand ils connaîtront, à travers toi, ma bonté, ils me béniront.
John
Quand des millions d’hommes continuent à vivre dans les ténèbres, devrais-je dire : "Merci à toi, ô Dieu, de me compter au nombre des élus" ?
Dieu
Mon enfant, je ne t’ai pas élu pour que tu te sentes tranquille et assuré dans le temps présent et dans l’éternité.
Je t’ai élu pour que tu œuvres avec moi. Si tu portes témoignage de mon amour au milieu des hommes, ils sauront que je suis là, leurs ténèbres seront changées en clarté et, avec toi, ils me célèbreront et me diront merci.
Béatitudes pour un temps de chômage
par Paul ABELA, d’après un texte de Mgr Torija, évêque de Ciudad (Espagne). Propsé à la méditation par notre curé le Père Laurent le 29 août 2010.
Bienheureux qui risquent de s’appauvrir pour investir et créer des emplois, car ils accumulent des richesses dans le Royaume éternel.
Bienheureux ceux qui renoncent à cumuler les emplois qui ne leur sont pas nécessaires pour vivre, car ils font la part des autres.
Bienheureux les fonctionnaires qui travaillent comme s’ils s’occupaient de leur propre affaire, qui facilitent les démarches et qui étudient sérieusement les problèmes car ils comprennent que leur travail est au service du bien commun.
Bienheureux les banquiers, les courtiers, les commerçants qui ne profitent pas de la situation pour augmenter leurs gains, fût-ce de façon légale, car ils savent où est leur vrai trésor.
Bienheureux les hommes politiques et syndicaux qui s’attachent à trouver des solutions réalistes au chômage, par-dessus les stratégies et les intérêts partisans, car ils vivent une fraternité étendue.
Bienheureux serons-nous tous,
quand nous cesserons de dire : « si je ne tire pas profit de la situation, un autre le fera »,
quand nous cesserons de penser : « quel mal y a-t-il à frauder, puisque tout le monde le fait ? »
quand nous renoncerons à penser : « si la loi n’est pas violée, tout est permis »
parce qu’alors la vie en société sera une anticipation du Royaume des Dieu.
Dieu notre père, Marie notre mère
Par notre curé le Père André LAURENT pour la fête de l’Assomption
Assomption : au sein de la Trinité Sainte, en gloire auprès du Fils ressuscité, Marie ne se repose pas tranquillement, mais participe à ce foyer d’Amour, à cette Présence intime et universelle qui ne cesse d’agir sur le monde, sur l’humanité.
Lorsque nous nous adressons à Elle comme une mère, cela veut dire que passe par elle le mystère de la tendresse de Dieu. (d’après Florin Callerand)
Salut, fille des hommes, notre soeur en humanité.
Salut, Mère de Jésus-Christ qui enfanta le Dieu fait homme !
Le Seigneur t’a comblée de sa tendresse.
Salut, ô femme nimbée de lumière et couronnée d’étoiles !
Tu as le soleil pour manteau et la lune sous tes pieds,
Tu as vaincu les puissances du mal,
Tu as enfanté le Christ vainqueur de la mort
Et tu as été élevée dans la gloire auprès de ton Fils ressucité.
Prie pour nous, Mère des hommes, attire-nous sur le chemin de la vie
afin que nous marchions avec allégresse vers notre résurrection.
(d’après Philippe Warnier)
Homélie du 1er août
Par notre curé le Père André LAURENT.
Nota : l’Évangile du jour est la Parabole de l’homme qui amasse pour lui-même (Lc 12, 13-21)
Cette petite histoire est riche de sagesse, de vérité.
L’homme riche dont parle Jésus est heureux dans sa cage dorée : la cage de sa sufisance basée sur ses richesses. Il se donne l’illusion d’avoir tout l’avenir devant soi. Pour lui la mort n’existe plus. Il se dit : « Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. »
Il a les ailes coupées, sa cage lui suffit. « Tu es fou » lui dit Jésus. « Recherche les réalités d’en haut ! » lui dit Saint Paul. Tu es mal parti, tu es dans la mauvaise direction : la mort anéantira tes richesses, ta suffisance.Fais tout pour être riche en vue de Dieu ! Ouvre-toi ! Ouvre ta cage ! Prend de l’altitude pour voir ta vie autrement et l’élargir à tout ce que tu dois à Dieu et à tout ce que tu peux donner aux autres !
Et vous, votre religion, votre pratique des liturgies, votre écoute des évangiles, votre mise en pratique des paroles de Jésus, tout cela a-t’il élargi votre vision de l’Existence ? Confiance en Dieu plus forte, soucis des autres dans le respect et le partage plus développé ? Quelqu’un déclare : « Il y a cette énergie, une force en nous. Cela m’aide à traverser le tumulte de la rivière. Je ne m’en croyais pas capable. » Sur votre feuille, vous trouvez les paroles d’une jeune de 26ans. Elle nous parle de ce qu’elle a gardé de meilleur de son éducation chrétienne. « Cette faculté d’aimer dans l’échange, dans tous ces liens qu’on m’a appris à tisser dès mon plus jeune âge. Cet échange qu’on peut avoir avec ceux que l’on rencontre tels qu’ils sont, s’ouvrir aux autres et les accueillir avec amour. »
Voilà à quelle altitude vole la vie de cette jeune fille avec les ailes de la foi. Elle continue en disant : « Veiller à garder lalampe allumée, chercher en chaque chose, bonne ou mauvaise, une manière de regarder pour voir en chaque chose l’amour et son rayonnement. »
N’est-ce pas cela « rechercher les réalités d’en haut » ? Dépasser les étiquettes, les barrières entre races, religions, classes sociales ? Ne rejoignons-nous pas la foi de saint Paul : Si tu es imprégné de l’Esprit de Dieu, si tu es à la hauteur du Christ « alors il n’y a plus de Grecs et de Juifs, d’Israëlites et de païens, d’esclaves et d’hommes libres. »
Et vous qui désirez baptiser Hugo et Léa dans ce mystère d’amour divin qui fait voir la vie autrement, vous nous dites que l’éducation reçue vous a donné une façon d’avancer dans la vie, marquée par le partage et le respect de l’autre. Vous trouvez dans les paroles de Jésus une ligne de conduite. Elles vous interpellent. Elles vous aident à ne pas en rester à l’apparence pour discerner le coeur des personnes. Comme dit la bible : L’homme regarde à l’apparence, Dieu regarde le coeur.
Vous voulez apprendre à Hugo et Léa à prendre de la hauteur, à voler à hauteur d’amour dans la lumière de Jésus, porté par le courant ascendant appelé Esprit Saint ou Souffle de Dieu.
C’est un entraînement quotidien dans la lumière d’amour qui est au fond du coeur de chacun.
L’oiseau dit à Mélodie : « Ce n’est qu’en volant qu’on développe ses ailes. Et les ailes sont faites pour atteindre l’altitude. » Ces drôles d’oiseaux qui volent à hauteur d’amour gratuit ,de don d’eux-mêmes, saint Paul les appelle « hommes nouveaux » ceux que le Créateur refait toujours neuf, à son image. »
Ecoutons le texte d’un prophète : promesse de Dieu pour chacune et chacun de nous, si nous mettons en pratique les énergies divines reçues à notre baptême.
A la suite du Christ
Prière tirée de "Prions en Église" à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale 2009 - 2010.
Par l’intercession de saint Jean-Mrie Vianney,
Seigneur, nous te prions.
Touche le cœur des jeunes ;
qu’ils trouvent dans l’exemple de sa vie
l’élan de marcher à ta suite, avec le même courage,
sans regarder en arrière.
Renouvelle le cœur des prêtres ;
qu’ils s’attachent à toi avec ferveur et profondeur.
Qu’ils édifient l’unité des communautés
sur l’Eucharistie et le pardon, dans l’amour mutuel.
Affermis les familles chrétiennes ;
qu’elles soutiennent ceux de leurs enfants
que tu as appelés.
Mon frère n’est pas un fardeau
Texte proposé par le Père Laurent le dimanche 30 mai 2010. d’après le Père Guy Gilbert
"Sur un sentier rapide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur son dos son jeune frère.
– Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau.
Elle me regarda et me dit :
– Ce n’est pas un fardeau, monsieur, c’est mon frère !
Je demeurai interdit. Le mot de cet enfant est resté gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : Ce n’est pas un fardeau que tu portes, c’est ton frère.
Le Christ est ressuscité, réjouissons-nous !
Proposée par le Père Laurent le dimanche 4 avril 2010 jour de la fête de Pâques. d’après Michel Evdokimov
Réjouissons-nous en ce jour de la Réssurection car le Christ,
Hier accablé de moqueries, couronné d’épines, pendu au bois,
Aujourd’hui se relève du tombeau.
Réjouissons-nous car le Christ baigne de sa clarté
Ceux que les ténèbres de l’enfer retiennent captifs.
. . .
Réjouissons-nous, car le Seigneur est descendu au plus profond de la terre,
Est descendu au plus profond du cœur des hommes, où se tapit l’angoisse ;
Il les a visités, Il les a illuminés.
Et tourments, angoisse, enfer, sont anéantis,
Engloutis dans l’abîme d’amour ouvert au flanc percé du Seigneur.
Réjouissons-nous ! Car il est ressuscité le Christ, la joie éternelle !
Prière du matin
Proposée par le Père Laurent le dimanche 7 janvier 2010.
Seigneur,
Dans le silence de ce jour naissant, je viens te demander la paix, la sagesse, la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tout remplis d’amour, être patient, compréhensif, doux et sage, voir au-delà des apparences tes enfants comme tu les vois toi-même et ainsi ne voir que le bien de chacun.
Que seules les pensées qui bénissent demeurent dans mon esprit.
Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m’approchent sentent ta présence.
Revêts-moi de ta beauté, Seigneur, et qu’au long de ce jour je te révèle.
Amen
Élisabeth
Haïti : Pourquoi Dieu permet-il celà ?
12 janvier à Port au Prince ; la terre tremble terriblement. Cent vingt mille morts, plus de deux cent mille blessés, la ville de un million d’habitants n’est plus que ruines. Dans un des pays les plus pauvres du monde, et dont 40% des habitants ont moins de 14 ans.
Quelles souffrances ! Nous sommes tous interpelés, d’abord pour "faire quelque chose", soulager un peu ces misères, mais aussi dans la foi : Comment Dieu peut-il permettre celà ?
Comment concilier la présence du mal dans le monde avec l’existence d’un Dieu tout-puissant et bon ? Le problème s’est posé de tout temps ; mais il se révèle particulièrement angoissant lors d’une grande catastrophe, ou lorsque nous pensons aux terribles guerres, aux génocides avec leur cortège d’atrocités.
Le problème, ou plutôt le scandale du mal, est l’une des sources de l’athéisme moderne. Et pourtant, il n’est pas récent. C’est déjà ce problème du mal que soulève le très ancien "Livre de Job" dans la Bible.
Et dans l’ Évangile de Jean, on peut retenir un épisode où la question est clairement posée à Jésus : quand il entend la demande de guérison de l’homme avaugle de naissance. Le sujet a tourmenté aussi saint Augustin d’Hippone, qui ne convertit qu’après avoir surmonté l’obstacle.
Le mal ou la souffrance, problème de tous les hommes. L’écrivain chrétien antique Lactance le formulait aussi, et en des termes qui n’ont rien perdu de leur force et de leur actualité :
" Ou bien Dieu veut supprimer les maux, mais il ne le peut pas. Ou bien il le peut, niais ne le veut pas. Ou bien il ne le peut ni ne le veut. S’il le veut et ne le peut pas, il est impuissant, ce qui est contraire à sa nature. S’il le peut et ne le veut pas, il est mauvais, ce qui est également contraire à sa nature. S’il ne le veut ni ne le peut, il est à la fois mauvais et faible, et donc n’est pas Dieu. Mais s’il le veut et le peut, ce qui seul convient à ce qu’il est, d’où vient donc le mal, et pourquoi ne le supprime-t-il pas ? "
Nombreux sont les philosophes qui ont planché sur le sujet. Pour le chrétien, pour celui qui ne se résigne pas à nier Dieu, le chemin mène petit à petit à quelque chose qui ressemble à ce qu’écrivait André Feuillet en 1950 :
" Pour accepter l’énigme de la souffrance, une certaine attitude d’âme s’impose, sans laquelle les plus belles considérations ne sauraient avoir de prise sur nous ou du moins nous apaiser tout à fait.
Cette attitude d’âme, c’est l’humilité du petit enfant qui reconnaît ignorer le dernier mot de toutes choses et en particulier de son existence, qui accepte dans ses ultimes conséquences sa condition de créature, et qui, dès lors, ne s’étonne pas d’être embarqué dans une aventure dont seul l’Auteur de son être connaît les tenants et les aboutissants. "
Seul parvient à souffrir en paix celui qui cesse de vouloir comprendre sa vie dans son fond le plus intime et se réfugie, envers et contre tout, dans la pensée que cette vie, parfois si inhumainement brisée, est pourtant l’œuvre de Dieu.
C’était déjà la réponse de Job, dont la confiance en Dieu dépasse ses souffrances :
« Je voudrais qu’on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées sur le bronze
avec le ciseau de fer et le poinçon, qu’elles soient sculptées dans le roc pour toujours :
Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ;
avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu.
Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. »
"On ne peut aimer que si on ouvre les mains"
Texte tiré des écrits de Pierre CLAVERIE, o.p. Evêque d’Oran, Algérie, assassiné le 1er août 1966
On ne peut aimer que si on ouvre les mains. On ne peut communier, ayant serré la main de quelqu’un, que si on s’est un peu dépossédé de soi-même.
On ne peut aimer l’Autre que si on le respecte au point d’admirer ce qu’il fait sans éprouver de jalousie.
…/…
Souvent, on croit que la jeunesse, c’est la jeunesse de l’âge.
Moi, je crois que la véritable jeunesse, c’est l’humilité. C’est une certaine vulnérabilité qui fait qu’on passe du jugement à la tendresse, de la puissance à la générosité… Et c’est ça la sainteté !
Et c’est ça la vie religieuse qui fait que Dieu habite en nous, et qu’Il fasse de nous des instruments humbles et modestes d’un amour qui rayonne simplement.
Il n’est pas nécessaire de faire des grandes choses pour cela. On mesure alors, au fur et à mesure que la vie passe, qu’une certaine transparence se fait quand on a cessé de se défendre, de s’affirmer devant les autres, de vouloir être soi-même.
La véritable jeunesse, c’est cette humilité du coeur, cette tendresse, cette simplicité qui font qu’on est plus proche du Christ et qu’on sent vraiment que l’Esprit de Dieu peut faire de grandes choses dans la simplicité et l’humilité du coeur.
Le Sermon sur la montagne : un texte saint et fondateur
C’est le texte que les chrétiens entendent à la messe du 1er novembre, fête de la Toussaint, qui honore tous les chrétiens passés qui ont suivi les traces du Christ .
C’est une sorte de "concentré" d’enseignement évangélique, sous une forme poétique qui rappelle les plus beaux psaumes.
A lire et à relire . . . tout commentaire serait inférieur à l’original !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12)
Le sermon sur la montagne
Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
" Heureux les pauvres de coeur (*) : le Royaume des cieux est à eux !
(*) pauvres de coeur : simples, sans prétention, sans orgueil
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi !
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! "
Ancienne Alliance / Nouvelle Alliance
ou « Le Verbe s’est fait chair »
Tiré de l’intervention N°11. (Le jeudi 30 avril 2009, 14:06 par FRANCOISJEAN) sur le Blog de la Bioéthique de l’Eglise en France
Jusqu’ou faut-il aller dans le compromis avant de cesser d’être soi-même » faisait dire à une de ses actrices un auteur d’une série américaine ??
C’est peut-être aussi la question qu’a dû se poser, sous une autre forme, le jeune homme riche de l’Evangile. Peut-être que le Christ lui a suggéré de quitter l’ancienne Alliance pour qu’il devienne pleinement nouvelle Alliance.
Peut-être est ce aussi ce qu’Il a voulu dire, ailleurs, en disant que le plus petit de la Nouvelle Alliance était plus grand que le plus grand de l’ancienne Alliance :Jean le Baptiste.
Qui utilise l’épée, périra par l’épée, qui utilise la séparation, l’invective, l’exclusion, l’excommunication, la force périra de la même façon, qui imposera une conception à l’autre, fut-elle raisonnable, fut-elle le fruit de longue méditation, quelles qu’en soient les méthodes en reviendra au temps des croisades, des dragonnades, de la saint Barthélemy. Ce sont des méthodes de l’ancienne Alliance.
Par contre, il me semble plus conforme à la nouvelle Alliance d’écouter, d’entendre, de ne pas juger son prochain, quelles que soient ses convictions, de l’aimer pour qu’il se révèle à lui-même être Amour comme l’a compris la « femme adultère » percevant au plus profond d’elle-même l’Amour Divin,
« J’ai à vous le dire, je ne vous demande pas de le croire », disait Bernadette Soubirous.
Loin des excommunications imbéciles, loin des chahuts d’ados, prions pour que nos représentants, au cours de leurs discussions souvent animées, aient toujours en tête que chaque opposant est un être humain, comme nous, incarné par le même Dieu,
Que chaque opposant est aussi tabernacle de Dieu, qu’il est plus ou moins, suivant l’Amour qu’il laisse filtrer, Parole de Dieu. Ce n’est que si nous sommes nous-même source jaillissante que se révélera en chacun et en plénitude le Don de Dieu.
Oui, pour arrêter la déshumanisation de l’humanité, il me semble qu’il est nécessaire de cesser de désincarner Dieu.
Proposé au groupe biblique le lundi 5 octobre
Psaume 8
O Seigneur, notre Dieu,
Qu’il est grand ton nom
Par toute la terre !
Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée
Par la bouche des enfants, des tout-petits :
Rempart que tu opposes à l’adversaire,
Où l’ennemi se brise en sa révolte.
Voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
La lune et les étoiles que tu fixas,
Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
Le couronnant de gloire et d’honneur ;
Tu l’établis sur les oeuvres de tes mains,
Tu mets toute chose à ses pieds :
Les troupeaux de boeufs et de brebis,
Et même les bêtes sauvages,
Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
Tout ce qui va son chemin dans les eaux.
O Seigneur, notre Dieu,
Qu’il est grand ton nom
Par toute la terre !
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